Cet outil assemble des données publiques : les points chauds repérés
par les satellites de la NASA, les prévisions de vent du modèle
AROME de Météo-France et du modèle européen ECMWF, la qualité de
l'air du modèle européen CAMS, et les images du radar de pluie.
Le panache affiché est un calcul, pas une observation. Il ne tient
compte ni du relief, ni de la convection au-dessus du feu, ni des brises locales. Les
heures d'arrivée sont des estimations, données en fourchettes parce que
le vent tourne.
Restez calme. Cet outil ne remplace personne. Si vous êtes concerné,
écoutez la radio locale et suivez les consignes de la préfecture, du SDIS et des
secours. Eux seuls font foi.
Stéphane
Comment cette carte est fabriquée
D'où viennent les données
Tout vient de sources publiques, consommées telles quelles. Les points
chauds sont repérés par des satellites qui mesurent l'infrarouge — ils voient la
chaleur, jamais les flammes ni la fumée. Le vent vient des modèles
AROME de Météo-France et du modèle européen ECMWF. La qualité de l'air vient du modèle
européen CAMS. Les images de pluie viennent des radars météo.
Six capteurs sont interrogés en parallèle. Cinq d'entre eux passent au-dessus
de la région quelques fois par jour ; le sixième la regarde en continu,
une image toutes les dix minutes. C'est lui qui a fait passer le délai d'apparition d'un
feu de près de trois heures à une vingtaine de minutes.
Une flamme, est-ce un feu ?
Non. Une flamme sur la carte regroupe toutes les détections tombées dans
un même carré de 4 km de côté. Un grand incendie peut donc n'afficher
que deux ou trois flammes, et un seul pictogramme peut représenter des dizaines de
détections.
La taille du cercle ne dit pas la surface qui brûle. Elle traduit la
puissance dégagée : un cercle plus large veut dire « ça chauffe plus fort », pas
« ça brûle sur plus de terrain ».
Et surtout : l'espace entre deux flammes n'est pas forcément épargné.
Un satellite ne détecte que ce qui dépasse un certain seuil de chaleur. Un flanc de feu qui
progresse doucement, un feu courant sous les arbres, une zone masquée par la fumée ou les
nuages : rien de tout cela n'apparaît. Cette carte montre des points de
chaleur détectés, pas le contour d'un incendie. Aucun outil satellite ne montre ce
contour ; il est établi au sol par les pompiers.
Les cercles pointillés
Ce sont les points chauds de la surveillance continue. Leur trait est tireté pour dire
l'incertitude : quelque chose de chaud se trouve quelque part dans ce cercle
d'environ un kilomètre et demi, et sa puissance n'est pas mesurée. Ils sont
récents — une vingtaine de minutes — là où les flammes peuvent dater de
plusieurs heures. Ils complètent les foyers, ils ne les remplacent pas.
Comment la fumée est calculée
Le panache est un calcul, pas une observation. On part du foyer, on prend
le vent prévu à plusieurs hauteurs, et on fait avancer la fumée heure par heure en la
laissant s'élargir. La direction retenue est une moyenne pondérée sur l'épaisseur de la
couche où la fumée se mélange, parce que la fumée ne suit pas le vent du sol.
Les heures d'arrivée par commune sortent de ce même calcul. Elles sont données en
fourchettes parce que le vent tourne. Ne sont pris en compte ni le relief,
ni la colonne de convection au-dessus d'un grand feu, ni les brises locales.
Ce qu'on fait pour rester fiable
On ne comble jamais un trou. Une donnée absente est affichée comme absente.
On date tout. L'âge d'une observation est écrit ; un foyer non revu pâlit
au lieu de disparaître.
On distingue le vu du calculé. Les foyers et la qualité de l'air sont observés,
le panache et les heures d'arrivée sont estimés — et c'est écrit à chaque fois.
On dit quand personne n'a regardé. Un satellite qui passe sans rien voir n'est
pas la même chose qu'un satellite qui n'est pas passé.
On garde une trace. Tout ce qui a été observé est archivé et rejouable dans la
rétrospective.
Cet outil ne remplace personne. Si vous êtes concerné, écoutez la radio
locale et suivez les consignes de la préfecture, du SDIS et des secours. Eux seuls font foi.
PM10 — les plus grosses. Elles sont arrêtées en grande partie dans le nez,
la gorge et les bronches. Le corps les évacue par les mucus et la toux. C'est
désagréable, et irritant pour les asthmatiques, mais ça reste dans les voies hautes.
PM2,5 — quatre fois plus fines. Elles passent ces filtres et descendent
jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Une fraction franchit la barrière alvéolaire et
rejoint la circulation sanguine : c'est pourquoi leurs effets ne sont pas seulement
respiratoires, mais aussi cardiovasculaires.
C'est pour cette raison que sur un feu de forêt, c'est la valeur PM2,5 qu'il faut
regarder : la fumée de végétation en produit énormément.
Les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants, les asthmatiques et les
personnes cardiaques sont les plus exposées. En cas de gêne respiratoire, la conduite à
tenir est donnée par les autorités sanitaires, pas par cet outil.
🧑🚒 Le feu recule, et on le doit aux secours
Bonjour à tous. La carte le montre sans ambiguïté : le 26 juillet, les satellites
comptaient 1 995 détections sur la zone. Aujourd'hui, 42.
La puissance dégagée est passée de 25 800 à 112 mégawatts. Ce recul n'a rien
d'automatique : il porte le nom de celles et ceux qui étaient sur le terrain.
Aux pompiers, aux bénévoles, aux agents de la
sécurité civile : le travail accompli ces derniers jours est considérable. De tout
cœur avec vous, et pourvu que ça ne reprenne pas. Pour mesurer ce qui a été arrêté,
la rétrospective rejoue les journées écoulées, heure par heure :
on y voit le front avancer, puis céder.
Merci à tous pour vos messages. Une pensée pour celles et ceux qui ont perdu quelque
chose dans ces feux. J'espère vous avoir été utile.